[On y était] Slum Village au Nouveau Casino

RIP JDilla. RIP Baatin.

Avec un peu de retard, voici ce que l’on a pensé du concert de la semaine dernière.

Petite leçon d’histoire pour introduire la suite de cet article. Pour ceux qui ne connaitraient pas Slum Village, il s’agit d’un groupe de hip hop, originaire de Détroit, devenu populaire à partir de 1996 grâce à une street-tape (Fan-Tas-Tic Vol 1, sortie réellement en 2005) et des bootlegs underground,  composé à la base d’un producteur de génie du nom de JDilla, parti bien trop tôt, et de deux rappeurs : Baatin, parti lui aussi bien trop tôt, et T3. Plus tard, le groupe se modifia peu à peu avec la venue d’Elzhi, qui ne fait plus partie du groupe à l’heure actuelle, Illa J, que l’on pensait voir derrière les platines à la place de Dj Fab, et de Young RJ. Seuls T3 et Young RJ étaient présents, mais peut être pas assez. On y reviendra.

Dilla donc. James Dewitt Yancey. Parlons de lui parce que c’est un peu comme ça qu’a commencé le concert. Parce que c’est Jay Dee et qu’il faut lui rendre hommage. On pourrait parler de ses albums, entre Ruff Drafts, Donuts, ou autre Jaylib en partenariat avec Madlib. On pourrait parler de ses productions, de Pharcyde à De La Soul, en passant par Busta Rhymes, Janet Jackson et Common. Mais réellement, lui consacrer un paragraphe ne serait pas lui faire hommage, alors nous y reviendrons à l’occasion d’un prochain article. Ce qu’il faut retenir ici, c’est qu’il était l’un des meilleurs producteurs que l’histoire ait connu, qu’il est passé au niveau Culte à partir de 2004, peu avant sa mort en 2006. Bref, son absence se ressent. Surtout lors d’un concert comme celui là.

Mais bon, puisqu’on ne peut pas parler de Slum Village sans mentionner ne serait-ce qu’un son de Dilla, voici une petite perle de son dernier album, sorti lors de son 32e anniversaire, 3 jours avant sa mort.

Retour au présent. Nouveau Casino. Lundi 22 Septembre. Slum Village x DJ Fab x Dilla Tribute.

Dilla tribute #SlumVillage

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Petite entrée en matière de DJ Fab, casquette Dilla vissée sur la tête. Comme à son habitude, il nous propose un Hip Hop en hommage aux Golden Years, avec des morceaux plus ou moins vieux. On reconnaît un petit Grand Puba qui passe toujours bien, un petit Black Helicopters de Non Phixion aussi, Quality Control de Jurassic 5 pour rester dans les classiques, un featuring de BReal de Cypress qui ne nous aura pas laissé indifférents, mais dont on n’a pas le nom. A retrouver d’ailleurs…

Bref, entrée sur scène de Slum Village, ou du moins de ce qu’il en reste. C’est-à-dire pas beaucoup. Le Djing sera assuré par Fab d’ailleurs, alors que l’on y attendait un Illa J. Un discours pour nous présenter J Dilla, sa ville natale de Detroit et son quartier de Conant Gardens. L’anecdote intéressante ici racontée par T3, c’est qu’en tant que bon producteur de hip hop, Dilla restait éveillé jusqu’à tard ou tôt, c’est selon, mais qu’il était toujours présent lors de la première fournée de Donuts à la « boulangerie » du quartier. De là lui venait son amour pour les Donuts, et donc l’album éponyme…

Suite à ce tribute, et une petite transition par Fab, entrée du groupe sur le fameux Fall in Love, issue du Fan-Tas-Tic, Vol 2. Ils nous enverront quand même quelques bombes, dont un magnifique morceau issus de Jaylib, McNasty Filth, qui a contribué au peu d’ambiance qu’il y a eu lors de ce concert. Il y a aussi eu le magnifique Look of Love, attendu par toute la salle, mais aussi Selfish, morceau de l’album Detroit Deli qui avait été produit par un Kanye West de la bonne époque. Ces quelques morceaux nous ont rappelés pourquoi nous étions venus, mais au vu des classiques qu’ils n’auront pas chanté, c’était quand même bien triste. Surtout quand ces classiques nous sont proposés derrière par Fab lors de la sortie de scène du groupe (Da Villa notamment, produit par Pete Rock sur Soul Survivor 2, l’extraordinaire Reunion, etc…)

Bref, voici une mini vidéo enregistrée lors du Look of Love.

The Look Of Love #SlumVillage #NouveauCasino #Dilla #Baatin #RIP

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Sans cette énergie apportée par Dilla et Baatin, les deux rappeurs restant sont comme absents. Cela se démontrera par la suite, avec certes un enchainement de quelques classiques, mais sans saveur particulière, sans énergie, et sans une réelle envie d’être présent parmi le public parisien. Dans une salle comme le nouveau Casino et un lundi soir, le public devait sans doute comprendre un bon nombre d’amoureux de la musique de Slum Vi et de Dilla, et ce n’était pas lui rendre hommage que de lui offrir une prestation comme ce showcase, on ne parle plus de concert ici.

Et cette fin ignoble de la part d’un groupe de la classe de Slum Village : « Yo, if you don’t want to buy my merch, I’m going straight back to the hotel ». Dilla disait dans Ruff Draft “I Need the Money”, mais on imagine qu’il pensait à autre chose .Da Hustle never stops mais quand même…

En espérant que les prochains soient de meilleure qualité.

D.

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